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  • Gozea
    Gozea is now friends with Silyeh'Edehra
  • Maulta
    Maulta created a new forum post in Présentations
    emo

    Présentation Maulta

    Présentation

    Votre prénom : Mathieu
    Votre âge : 17
    Votre genre : Homme
    D'où vient votre pseudo ? : Alors j'en ai aucune idée c'est venu comme ça
    D'où venez-vous ? : J'habite à côté de Paris

    Avez vous déjà fréquenté d'autres forums ? Si oui, lesquels ? : j'ai été sur jv pendant à peu près 30 sec
    Comment avez-vous découvert ce forum ? : Recherche internet

    Globalement, vous et Touhou

    Comment avez-vous découvert Touhou, et depuis quand le connaissez-vous ? : Je connais depuis hier grâce à un ami
    À quelle fréquence y jouez-vous ? Et à quelle difficulté ? : Jamais jouer je viens les télécharges la
    Quel aspect préférez-vous dans Touhou ? (Les personnages ? Les musiques ? Le gameplay ?...) : Aucune idée j'attend de découvrir :)
    Quel est votre jeu Touhou favori ? : J'attend de découvrir o:
    Quel est votre personnage favori ? : Décidément il me reste beaucoup à apprendre 0:
    Quels sont vos thèmes musicaux de Touhou préférés ? : Je verrais bien

    Et sinon, sur vous...

    Faites-vous ou envisagez-vous de faire des créations en lien avec Touhou ? (Dessins, fictions, jeux, etc...) : Pourrait être sympa si ça m'inspire
    Qu'attendez-vous de ce forum ? : Découvrir plus en détails cet univers tout nouveau pour moi
    Envisagez-vous d'assister à des conventions, tels que la Japan Expo ou autre ? : Des fois je vais à la Paris Manga
    Une photo de vous ou de votre idole ? : Je suis trop mystérieux pour ça 0:
    Quelque chose à rajouter ? : Salut à tous :D

  • emo

    Présentation Ama

    Bienvenue à toi, et passe un bon moment sur TO !

    Si tu es mauvais aux danmakus, tu peux toujours te rabattre sur les jeux de combats. Le 10.5/12.3 et le 15.5 sont très bons (et en plus, moi j'aimerais jouer à Soku...).

  • Ōkami Amaterasu
    Ōkami Amaterasu created a new forum post in Présentations
    emo

    Présentation Ama

    Présentation

    Votre prénom : Victor

    Votre âge : 20 ans

    Votre genre : Victor n'a jamais été un prénom féminin dans mes souvenirs. :)

    D'où vient votre pseudo ? : De la déesse du soleil du shintoïsme, et c'est par la même occasion une référence au jeu Okami que j'adore depuis mon enfance.

    D'où venez-vous ? : J'habite dans le Nord de la France.

    Avez vous déjà fréquenté d'autres forums ? Si oui, lesquels ? : Quelques forums Naruto et One Piece lambda quand j'étais plus jeune, mais je n'en fréquente plus aucun depuis un bon moment. Sinon certains forums de JV.com même si je n'y suis pas vraiment actif.

    Comment avez-vous découvert ce forum ? : Tout simplement en cherchant un forum francophone sur Touhou.

    Globalement, vous et Touhou

    Comment avez-vous découvert Touhou, et depuis quand le connaissez-vous ? : J'ai réellement découvert Touhou par le biais du jeu Osu! qui propose énormément de musiques venant de Touhou, mais je connaissais la licence de nom bien avant cela, mais disons que cela doit faire seulement un ou deux ans que je m'y intéresse vraiment.

    À quelle fréquence y jouez-vous ? Et à quelle difficulté ? : Je joue aux danmaku très rarement, je suis très mauvais (pour le moment je n'ai jamais réussi à finir un seul jeu même en difficulté facile).

    Quel aspect préférez-vous dans Touhou ? (Les personnages ? Les musiques ? Le gameplay ?...) :

    J'aime beaucoup le fait qu'on puisse découvrir et apprécier Touhou avec différentes facettes, que ce soit les musiques officielles ou les arrangements, les nombreux jeux et fangames de tous les genres, les mangas/doujin, etc. C'est une licence qui n'a pas vraiment d'égale de ce point de vue là je trouve. Ce que je préfère reste la musique (c'est ce qui m'a fait m'intéresser à Touhou au début) et surtout les personnages et toute la mythologie de Touhou en général.

    Quel est votre jeu Touhou favori ? : Quel est votre personnage favori ? : Quels sont vos thèmes musicaux de Touhou préférés ? :

    J'aime beaucoup le 7 et le 11 et en jeu de combat le 13.5, mais je n'ai pas joué à beaucoup de jeux pour le moment.
    La question de mon personnage préféré est assez difficile car j'en aime beaucoup, mais je dirais Hijiri Byakuren et Sakuya Izayoi si je devais vraiment choisir.

    Mes thèmes préférés sont : Emotional Skyscraper; Border of Life; Reach for the Moon, Immortal Smoke; Captain Murasa; Necrofantasia; Septette for the Dead Princess; J'aime aussi beaucoup l'arrangement math/post rock de Eastern Dream de Demetori. Il y en a pleins d'autres que j'ai oublié de mentionner bien sûr. :)

    Et sinon, sur vous...

    Faites-vous ou envisagez-vous de faire des créations en lien avec Touhou ? (Dessins, fictions, jeux, etc...) : Non.

    Qu'attendez-vous de ce forum ? : Je souhaite simplement rencontrer des personnes qui aiment le même univers que moi. :)

    Envisagez-vous d'assister à des conventions, tels que la Japan Expo ou autre ? : Pourquoi pas ! J'essaierai d'aller à la Made in Asia et à la Japan Expo en 2019.

    Une photo de vous ou de votre idole ? : Je ne montre ma tête qu'aux gens avec qui je parle depuis un moment. :)

    Quelque chose à rajouter ? : Non. :)

  • Ōkami Amaterasu
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  • emo

    Les androïdes rêvent-ils d'une Terre des Illusions ?

    Chapitre X :
    Le Détective dirigé par ses Désirs ~ Le Double Incident des Antinomies Oniriques (I)

    - Enchanté, je suis Erika Furudo, pour vous servir.
    - Il me semble bien que ce n’était pas prévu. Futo ne nous a prévenu que d’une seule personne, et c’est ce Karn. Seiga, c’est vous qui l’avez amenée ici ?
    - Bien sûr que non, Tojiko, réfléchissez un peu enfin. Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Les cheveux ? C’est les cheveux bleus, non ? Eh bien, toute personne aux cheveux bleus n’a pas un rapport avec moi je vous signale.

    Seiga ne semblait que très peu ravie de l’arrivée d’Erika, que j’ai invité moi-même. La nouvelle venue, qui était ici pour nous guider dans le Mausolée jusqu’à Toyosatomimi no Miko, avait plus l’air surprise que réellement contrariée. Elle s’appelait Soga no Tojika, et contrairement aux ermites, elle était en vérité un spectre. C’était assez drôle de voir une telle apparition parler d’égal à égal avec Seiga, mais le temps n’était pas à cela.

    - Si je puis me permettre, Erika est quelqu’un qui saura m’aider à coup sûr dans mon enquête, et bien qu’elle ait un caractère assez...particulier, elle ne peut pas vous nuire dans cette affaire. Elle obéit strictement au Décalogue de Knox, et comme elle m’est affiliée, elle compte comme le détective.

    Sous le regard désapprobateur de Seiga et celui étonné de Tojiko, Erika bomba le torse et eut un grand sourire. Elle ressemblait vraiment à une enfant, ses traits n’arrangeant rien. Je ne sais pas si c’est une si bonne idée de l’utiliser ici, mais de toute façon, elle ne peux pas nous nuire ; si elle enfreint le Décalogue, cela reviendrait à trahir sa maîtresse, et elle en est incapable.

    - C’est bien beau, mais cette affaire peut attendre. Moi, j’ai à faire, comme...eh bien...tirer cet histoire de cerisiers au clair et surveiller que la Miko d’Hakurei ne fasse pas de coup bas !
    - Je vois. Suivez moi donc, tous les deux. Je vais vous mener jusqu’au Mausolée. Néanmoins, mademoiselle Erika…
    - Appelez moi mademoiselle Furudo ! Ou mademoiselle la détective…
    - Tojiko, ne vous embêtez pas. Appelez la Erika, elle ne mérite rien de plus.

    Celle-ci grimaça, mais ne dit rien. Elle ne pouvait pas me contredire ou me tenir tête, car en tant qu’ermite, j’ai le pouvoir de lui pourrir la vie. En effet, celle-ci est sensible à ce qu’on appelle la « vérité rouge ». Toute phrase que je dis « en rouge » représente la vérité, et est incontestable même pour le détective, le rôle qu’elle joue. Je peux ainsi poser des bases défavorables à son enquête en exprimant toutes les vérités qui lui déplaisent, et en les rendant incontestables. Elle peut elle aussi utiliser cette vérité pour énoncer l’une des 10 lois de Knox.

    - Eh bien, Erika, alors. Vous n’êtes pas tout à fait humaine, rassurez-moi ?
    - Je suis mi-humaine mi-sorcière, pourquoi ?
    - Très bien. Je vais donc vous faire passer par le chemin des Désirs, un trou mystique dans le Hall du mausolée, qui vous conduira directement au Sekai où vit maîtresse Miko.

    Un Sekai ? Evidemment, c’est une ermite…

    Nous passâmes donc d’un chemin de pierre à son équivalent dans un autre monde, le Sekai des Taoistes du Mausolée. Nous étions au milieu de centaines de désirs, matérialisés sous formes d’esprits, qui volaient tous vers l’entrée du Mausolée. Des fées nées de ces désirs virevoltaient, mais n’attaquaient ni moi ni Erika. En une minute à peine, nous passâmes d’un spectacle ordinaire, un chemin de pierre au milieu d’une rangée d’arbres, à un presque onirique : les pierres reflétaient les cents couleurs des esprits et fées qui peuplaient le lieu, lequel semblait perdu à mille lieux du cimetière où nous étions tout à l’heure.

    - Voilà qui est impressionnant. Toyosatomimi no Miko est décidément un grand Ermite du Tao pour pouvoir créer un tel lieu. C’est elle qui ramène tous ces esprits juste ici ?
    - Oui. Elle possède le pouvoir d’écouter dix souhaits en même temps, et elle attire naturellement les désirs de tout être existant à Gensokyo.

    Voilà qui est impressionnant. Cette Miko sera donc quelqu’un à avoir dans mes amis, pas mes ennemis…
    Nous nous enfoncions plus encore dans ce trou mystique, quand soudain, nous vîmes quelqu’un que nous ne nous attendions pas à voir ici. Une ombrelle nous empêcha soudain d’avancer plus, ainsi qu’une pluie de projectiles.

    - Kogasa, que faites-vous là ? Laissez nous avancer enfin !
    - Tiens, vous êtes la tsukumogami de tout à l’heure, non ?

    Celle-ci nous regarda avec un grand sourire, et je vis qu’elle avait un œil d’une autre couleur que l’autre. Son œil droit était rouge, et le gauche était bleu.

    - Eh eh, pas question que je vous laisse passer, ordre de ma chef ! Vous auriez dû faire plus attention à l’ombrelle laissée à part, maintenant elle vient vous attaquer ! Signe de Pluie « Histoire fantomatique d’une nuit pluvieuse » !

    Une vague de projectile supplémentaires tomba du ciel, comme de la pluie, en notre direction. Erika eut du mal à les esquiver, mais Tojiko et moi évitions ça en tout naturel. Alors, que je me préparais au combat, cette dernière me fit signe de m’arrêter.

    - Je vais régler ça, Karn. Ne vous embêtez pas, je connais son point faible.
    - Mon point faible ? Attends un peu, Fantômette, que j’utilise ma technique ultime sur toi !
    - Flèche Tonnerre « Cyclone de Gagouji » !

    Le nom de cet attaque ne mentait pas, un cyclone de flèches électriques alla percuter Kogasa qui ne fit pas long feu face à cette attaque. Mais bien sûr, les tsukumogami craignent la foudre, donc cette Tojiko en a profité pour l’attaquer avec une attaque électrique. Pendant ce temps, Erika applaudit avec un grand sourire.

    - Bien, très bien ! Son point faible n’était pas spécifiquement le sien, mais celui de tous les tsukumogami, vraiment excellent ! Il y en a une qui a oublié d’être bête on dirait, mais ça me plaît !
    - Silence, Erika. Nous devons interroger cette Kogasa.

    Soudain, avant que nous puissions faire quoique ce soit, un personnage étrange apparut devant nous. Elle portait un bonnet étrange, comme si elle allait dormir, ce qui allait bien avec ses yeux mi-clos et son air assez paisible de quelqu’un à deux doigts de tomber dans les bras de Morphée. Elle eut un demi-sourire, et se courba.

    - Merci bien à vous de m’avoir permis de calmer le jeu avec cette hystérique. Mademoiselle Tojiko, monsieur Karn et...euh...qui que vous soyez, je crois que je vous devrais des explications un peu plus tard.

    Le visage d’Erika se déforma en un rictus horrible témoignant d’une rage intense. Que cette personne ne la traite pas avec le même respect que nous, cela la mettait manifestement dans une rage face à laquelle je n’aimerais pas être.

    - Eh, une seconde espèce de sale petite nuisance. Je vais t’apprendre à ne pas me parler avec respect.
    - Erika, par pitié, calme-toi.
    - Oh, vous devez être Erika Furudo alors ? Ça tombe bien, j’ai de quoi vous occuper.

    Soudain, elle disparu dans un nuage ressemblant au pelage d’un mouton, pour faire réapparaître...Erika ? Mais, elle est juste à côté de moi, c’est impossible ! Et pourtant, devant nous, se tenait une autre Erika Furudo, qui portait une expression moqueuse sur son visage.

    - Oh, eh bien pour qu’on me sorte de là où je suis pour me mettre devant une pâle copie de moi, c’est que tu dois en valoir le coup, non ?
    - Je...mais qu’est-ce que ? C’est quoi ça ? Tu es qui ?
    - Erika Furudo, très chère.

    Je vis une lueur que je ne connaissais que trop bien passer dans les yeux d’Erika. Celle-ci voulait dire qu’elle allait utiliser les « hypothèses bleues ». C’est une attaque très efficace contre les créatures comme les sorcières ou les yôkais, car elle consiste à rationaliser leur existence ; si la personne visée ne se défend pas de ces accusations correctement, elle est physiquement atteinte.

    - C’est impossible. En sachant que je suis Erika Furudo, ce qui est un fait que Karn peut établir en rouge, tu ne peux pas être Erika Furudo.
    - Cependant, dans mon existence tout est semblable à celle d’Erika Furudo. Knox interdit toute présence de jumeaux ou de déguisements d’un personnage en un autre, il est donc impossible que je ne sois pas Erika Furudo.

    Que… la vérité rouge ? Erika ne peut pourtant pas l’utiliser en dehors du décalogue de Knox.

    - Saleté…
    - Erika, je vais te donner un coup de main. Moi, Ermite de l’espace et du temps, reconnais la personne que j’ai appelée ici comme Erika Furudo. Par conséquent, son existence ayant été prouvée, ton existence est rendue impossible.

    Un pic bleu se planta dans la cheville droite de l’autre Erika. Elle grimaça, mais ne sembla pas être réellement blessée.

    - Il peut exister deux personnes semblables appelées Erika Furudo. Par conséquent, « Erika Furudo » peut être moi ou elle.
    - Ah, tu le prends comme ça ? Knox interdit toute résolution comme celle-ci, à l’exception de si un indice a été laissé avant. De ce fait, tu ne peux pas exister !

    Erika venait d’envoyer là son attaque verbale finale, qui venait de prendre la forme d’un pieu bleu qui menaçait de se planter dans le coeur de son double. Pourtant, celle-ci nullement impressionnée, sourit et dit :

    - Un indice a été donné avant. Il s’agit de l’identité de celle qui m’a emmené ici.


    Un immense bouclier rouge, incassable, bloqua le pieu comme si ce n’était qu’un simple bout de bois. L’autre Erika eut un rictus moqueur qui déforma son visage enfantin et éclata dans un rire assez désarmant, avant de disparaître d’un seul coup.

    - Je...Bordel, c’est quoi cette blague ? C’était qui ça ? Personne ne peut me répondre comme cela ! PERSONNE ? Auauauua…. C’est pas vrai !

    Erika semblait vraiment choquée de ce qu’il venait de se passer. Elle était en train de pleurer à genoux en hurlant et en frappant le sol. La connaissant, je ne suis même pas étonné. C’est une jeune fille avec un ego surdimensionné, et elle déteste que l’on puisse la contredire ou lui tenir tête.

    - Erika...tu veux t’arrêter là ?

    Je décidai de prendre tout cela en main, afin d’éviter les débordements qu’il peut y avoir avec Erika. En la renvoyant dans son monde, j’allais pouvoir sans doute éviter une autre scène dans le genre.

    - Sniff Oui, Karn…J’en ai marre de ça, c’est pas marrant…Le Sorcier Doré au moins, il installe une rivalité entre nous et il joue avec moi… Il essaie pas sniff de juste m’écraser…
    - Inutile de pleurer. C’est de ma faute, je n’aurais pas dû t’impliquer là-dedans. Allez, je te laisse repartir d’où tu viens. Au revoir, Erika.

    C’est ainsi qu’Erika disparut à son tour. Tojiko et moi restâmes silencieux quelques temps, puis elle prit la parole.

    - Cette histoire s’annonce être très compliquée. Je vous emmène de suite voir Dame Miko !

  • emo

    La Destiné de la Terre des Illusions (DdlTI)

    Chapitre 100
    La destinée de la Terre des Illusions

    Le calme était revenu. La Terre des Illusions était de nouveau calme. L'agitation des jours passés et des fêtes successives s'étaient estompées, même si une dernière festivité était en pleine préparation. Un vent léger soufflait dans cette terre oubliée. Une terre de mythes, de mystères et de merveilles.
    Dans une humble salle, une personne se releva brutalement, en sueur. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, ni où il était. Il regarda autour de lui mais ne vit rien d'autre que la chambre dans laquelle il se trouvait. Cependant, une terrible douleur lui traversa le haut du corps. Il tenta alors de lever son bras gauche, enveloppé dans de lourds et épais bandages, mais n'y arrive pas. D'ailleurs, il ne ressentait plus rien de son bras qu'il parvenait avec peine à faire bouger les doigts. Il tenta alors de le soulever mais celui-ci lui sembla extrêmement lourd par rapport à ce qu'il devait être.
    Avec difficulté, il se releva de son lit en tenant son bras gauche par le droit et chancela jusqu'à la paroi de la chambre. Là, il s'arrêta afin de reprendre son souffle qui vint lui manquer. De par sa forte respiration, il put sentir les odeurs de senteurs qui brûlaient un peu partout dans ce lieu. Il s'agissait d'odeurs calmes et apaisantes. Cependant, il refusa de se laisser embrumer l’esprit par quelques encens. Il ouvrit alors délicatement la paroi et sortit de la pièce. Il se retrouva dans un très long couloir qui ne lui semblait guère inconnu. Il marcha d'un pas hésitant, tentant de se souvenir de ce qu'il lui était arrivé avant de se retrouver ici. Après de longues minutes de marche, il arriva à la paroi au fond du couloir. Il l'ouvrit et se retrouva dans l'enceinte du lieu. Il quitta alors le couloir et prit appui sur l'un des piliers extérieurs, tout en essayant de calmer sa respiration. Il ferma les yeux, se remémorant tous les événements qui s'étaient produit avant d'arriver dans ce lit. Cependant, il n'y arriva pas, mais il entendit de drôles de bruits, comme si on frappait quelque chose. Avançant d'un pas à demi-silencieux, il se tint contre l'angle du bâtiment avant de jeter un regard. Non loin de là, il vit des lapins frapper le mochis. Il n'avait plus le moindre doute sur l'endroit, Eientei, mais se demandait toujours sa présence ici et comment il s'était retrouvé ici. Il marcha en arrière avant de s’asseoir contre la marche du pourtour du bâtiment puis se mit à réfléchir.
    Il ne fallut qu'une poignée de seconde avant qu'il ne se rende compte que quelqu'un venait de franchir la paroi et le regardait. Il se retourna lentement et vit cette personne, Eirin. La sélénite était à la fois mécontente et rassurée. L'expression de sévérité était amoindrie par le soulagement qu'elle exprima quand il lui sourit.

    – Je suis heureuse de te voir en meilleure forme et capable de marcher mais ce n'est pas une raison de partir en vadrouille comme ça, on s'est toutes inquiétées pour toi.
    – Je vous remercie...
    – Même elle était complètement morte inquiétude.
    – Qui elle ?
    – Bah, Rika. Elle est venue souvent nous voir. Elle a pris grand soin de toi. D'ailleurs, elle n'a pas été la seule.
    – Que voulez-vous dire ? Demanda-t-il sur un ton légèrement inquiétant et sombre avant de que la paroi ne s'ouvre et que Rika et Nitori ne sortent à leur tour.
    – Vous deux ! Pourquoi... Nitori ?!
    – On avait... besoin de mon aide... Répondit la timide kappa.
    – Comment ça ?! Eirin, pourquoi mon bras est dans cette...
    – Olivier, garde ton calme, on va t’expliquer, lui répondit Rika.
    – C'était un sacré problème ton bras... aussi, il n'y en avait plus vraiment... répondit Nitori avec un sourire gêné.
    – Quoi ?!
    – Je t'en prie, garde ton sang-froid... Quand elles t'ont ramené ici en urgence... il manquait ton bras... lui répondit sa copine mécano tout en cherchant ses mots.
    – Mais... c'est pas possible ! S'écria Olivier tout en s'arrachant l'épais bandage avant de découvrir un membre mécanique.
    – Ton bras était manquant, l'épaule était infectée par une substance étrange et difficile à traiter. D'ailleurs, celle-ci se répandait lentement sur ton corps, lui répondit la médecin.
    – Une substance... de la corruption ?!
    – C'était ce que nous a dit Kasen. Elle a réussi à te sauver.
    – Mais quand je t'ai vu dans cet état, j'étais terriblement mal. Aussi, j'ai cherché partout de l'aide pour t'aider et je me suis souvenue de cette kappa, Nitori. Je savais qu'elle était talentueuse. Aussi, j'ai parlé de mon projet te concernant et elle a accepté immédiatement. Il nous fallut des jours et des jours pour parvenir à ce résultat. Le plus dur étant de créer les réseaux électriques qui se relieraient aux nerfs, affirma Rika avec fierté et joie tout en prenant son chérie dans ses bras.
    – Une fois le prototype délivré, il m'a fallu de nombreuses heures d’opération afin de lier ton nouveau bras à ce qui restait de ton épaule, continua Eirin.

    Olivier se releva sans dire un mot, la tête baissée. Eirin garda le silence alors que Rika s'inquiéta de son air si ténébreux. Des larmes commencèrent à couler sur son visage avant qu'il ne se mette à courir vers la sortir du lieu. Elle s'apprêta à le poursuivre mais la main de la médecin se posa sur son épaule. Elles se regardèrent, sans dire un mot alors que celle-ci lui fit un non de la tête avant de se retourner et d'ouvrir la porte menant au couloir. La kappa tenta alors de réconforter la jeune humaine qui fondit en larme.

    Durant de longues minutes, il courut. Il courut toujours devant lui, sans jamais changer de cap. Tous les bambous se ressemblaient et derrière certains, se cachaient des youkais. Cependant, il courait encore et toujours, ne sachant pas où il allait. Il ne savait pas pourquoi il courait mais il courait. Les arbres succédèrent aux bambous. L'herbes succéda au arbres. Et enfin, le vide succéda à la terre. Après une interminable course dont il ignorait la durée et la distance, il s'arrêta, obligé de s'arrêter. Il était sur le sommet d'une falaise. De là, il pouvait voir une bonne partie de Gensokyo. De l'autre côté, commençait les bordures de Gensokyo, cette zone infinie où l'espace et le temps sont des notions floues, la zone où vivent les reclus. Là, il tomba à genoux. S’emparant d'une pierre, il arracha ce qui restait du bandage et découvrit son bras d'acier. Celui-ci était composé de rouages légèrement orangés, de plaques de métal sombres et des pistons, certains visibles et d’autres non. Il caressa ses doigts métalliques tout en essayant de les contracter. Il se concentra et progressivement, millimètre par millimètre, ses doigts se refermèrent. Alors que la sueur commençait à perler sur son front, il parvint dans un ultime effort à contracter son poing avant de l'abattre au sol avec force tout en poussant un cri de délivrance.
    Après son effort, il put sentir sa présence. Cette personne l'observait et attendait ce moment, il le savait. Il se releva difficilement puis se tourna vers celle-ci. Il n'était guère ravi de la voir. Cependant, il apprécia avoir de la compagnie au bras bandé, d'autant plus si c'était avec la personne qui l'avait sauvé.

    – Je sais que cela va être difficile.
    – Ce n'est pas toi qui a un bras en métal...
    – C'est tout comme...
    – Merci de m'avoir sauvé...
    – C'était normal. Olivier... je sais que cela sera assez compliqué...
    – Très.
    – Très compliqué. Mais je vais t'aider à passer ce cap. D'ailleurs, tu ne le passeras pas seul, Rika, comme les autres, seront là pour t'aider.
    – Où est Tom ?

    Le sanctuaire était bien calme. Après plusieurs nuits de fêtes, le lieu retrouvait son caractère sacré. Seule dans la cour, la miko du lieu balayait comme à son habitude. La fatigue se lisait sur son visage, mais ce n'était pas la seule émotion que la prêtresse ressentait en ce moment. Le vent balaya son visage. Elle leva les yeux vers le ciel, vers le ciel de Gensokyo. Il était d'un bleu infini, tâché de quelques nuages blancs. Après avoir longuement soupirée, elle se remit à la tâche.
    Une forme apparaît, comme sortit de nul part. Cette personne marcha vers le miko qui n'était pas sur ses gardes. Sans se faire répéter, elle s'approcha de sa proie. Et puis, d'un geste, elle l'attrapa par les épaules et lui fit peur. Comme un chat, Reimu sursauta. Se projetant vers l'avant, elle se dégagea de l’emprise de son agresseuse. Dans le même temps, la colérique femme en rouge et blanc lui envoya d'une traite, trois longues aiguilles anti-youkais. Cependant, celles-ci n'atteignirent jamais leur cible, disparaissant dans les brèches de celle-ci. Quand Reimu posa pied à terre, elle rumina sa colère avant de l'exposer au grand jour alors que la personne en face d'elle se retenait de rire tout en prenant à la fois un air innocent et farceur.

    – Tu vas voir ce que je vais te faire... je vais t'ex...
    – On se calme Reimu.
    – Et pourquoi je devrais me calmer ? On ne fait pas des coups comme ça aux gens !
    – C'est ce soir.
    – Ce soir pour... ah oui... Tom...
    – Oui.
    – C'est pour cela que tu es venue ?
    – Oui, je suis venue voir si le sanctuaire serait prêt pour la cérémonie.
    – J'aurais préféré éviter ça.
    – Beaucoup l'aurait voulue.
    – Mais je ne pense pas que cela fasse grand-chose pour toi.
    – Je ne vois pas de quoi tu veux parler.
    – Tu le manipulais. C'est aussi simple que ça ! Comme tu l'as fait à nous tous ici un jour ou l'autre. Sauf que cela l'a conduit à la mort !
    – Il était destiné à sauver Gensokyo, voire à mourir pour cela. Ce n'est pas à moi d'en vouloir. Je ne fais que ce qu'il faut.
    – J'ai des doutes là.
    – Je l'ai envoyé à une époque où il y avait une forte connexion avec la nôtre, si tu veux savoir. De plus, deux auras opposées s'en dégageaient. Il était plus que certains que le dieu-dragon se trouve à cette époque.
    – Il faudrait que t'explique cela à Marisa.
    – En parlant d'elle...

    Étonnée par la réponse de Yukari, Reimu se retourna et vit son amie Marisa. Celle-ci portait une tenue intégralement blanche. Sur son visage, on pouvait y lire la détresse, la peine, le chagrin et une tristesse profonde. Sur son visage, on pouvait voir les marques de journées entières de larmes. Son amie se rapprocha d'elle et lui demanda comment elle allait. Cela faisait depuis la disparition de Tom qu'elle ne l'avait plus vue et que c'étaient d'autres personnes qui lui donnait des nouvelles sur son état. L’éplorée, d'une voix hésitante et remplit d'émotions, demanda à la miko si les préparatifs avançaient bien. La prêtresse lui répondit uniquement par l'affirmatif. Cela lui suffisait.
    Après quelques instants de silence, Reimu lui demanda si elle voulait boire quelque chose. Toujours d'une voix hésitante et faible, Marisa accepta. Les deux jeunes femmes se dirigèrent alors vers le bâtiment principal du sanctuaire. Pendant ce temps-là, la youkai prit ses aises sur l'urne à offrande dont elle y versa une poignée de pièces. Elle regarda vers le ciel, l'air sérieuse, pensive, sachant que des personnes allaient très prochainement arriver ici-même, des personnes peu susceptibles d'être attendues.
    Quand Reimu revint la voir, elle vit au loin, sous le torii, cinq personnes arriver. Yukari baissa alors le regard sur le côté, semblant ne pas apprécier la venue de ces personnes. La maîtresse des lieux fut étonnée de voir Eirin, Reisen accompagnées par les deux princesses sélénites, Watatsuki no Toyohime, Watatsuki no Yorihime et leur animal de compagnie, Rei'sen.
    La miko les accueillit avec scepticisme, étonnée de les voir ici et se demandant la raison de leur venue en ce jour important pour de nombreuses personnes. Elle ne tarda à exprimer ses pensées d'une manière extrêmement franche, ce qui déplut fortement aux princesses sélénites mais qui amusa Yukari en silence. Eirin expliqua alors les raisons de leur venue.

    – C'est grâce à Tom que le coup d’État monté par certains proches du seigneur Tsukoyomi a été arrêté. Sans sa volonté de vouloir me sauver, moi ainsi que la princesse Houraisan, il n'aurait jamais attaqué la Capitale lunaire. Ainsi, les princesses Watatsuki souhaitent rendre hommage, en leur nom, mais également au nom de la population lunaire, une oraison funéraire.
    – Et c'est tout ? Demanda Yukari avec malice.
    – C'est tout. Pourquoi vous posez cette étrange question ?
    – Pour rien... dit-il d'un ton narquois en pensant aux événements qui se sont déroulés dans le futur, où elle-même, aidée par les deux sœurs sélénites durent s'en prendre à l'armée de Mima afin de laisser le champ libre pour Tom et ses amis.
    – Nous assisterons à l'ensemble des cérémonies de ce soir, insista Yorihime.
    – Je ne vois pas problème à ça. Mais vous savez, il y aura beaucoup de d'humains et même des youkais, il y aura beaucoup d'impuretés, dit Reimu avec un ton légèrement effrayant, essayant de faire peurs aux deux princesses afin de les faire partir.
    – Ce n'est pas la peine d'essayer de nous faire peur ainsi, à moins que vous vouliez qu'on vous « purifie », répondit Yorihime sur un ton menaçant.
    – Ça suffit, dit Eirin avec force et autorité, faisant taire les deux personnes. Je ne souhaite pas que la soirée soit gâchée pour quiconque. Nous allons rendre hommage à Tom, comme il l'aurait mérité.
    – D'ailleurs, j'y pense, répondit la miko, il devient quoi Olivier ?
    – Il s'est réveillé et s'est enfui, Kasen veille sur lui pour le moment, le temps qu'il accepte l'ensemble des événements qui se sont produits.
    – Bien... Quelqu'un pourrait m'aider à préparer la soirée ?

    Le soir venue, les invités se firent de plus en plus nombreux. Même s'il s'agissait d'un événement commémorative et funéraire, la couleur blanche du deuil était loin de faire l’unanimité. Cependant, malgré l'aspect festive de l'événement, il n'eut aucun débordement, à des différences des fêtes précédentes. A la lueur des torches, la miko accompagna sa consœur bouddhiste, Byakuren, jusqu'au bâtiment principal du Sanctuaire Hakurei, où, en lieu et place de l’urne à offrande, était disposé une table où était posé de nombreuses senteurs d'encens ainsi qu'un portrait de Tom, prit par Aya il y avait de cela un certain temps. La moniale commença alors à réciter des sutras dans un léger bruit de crépitements des torches. La foule, innombrable, autant composée de youkais que d'humains ou de divinités se massait autour de la cérémonie, autant dans la cour du sanctuaire que sur les marche menant à celui-ci. La lecture des sutras dura longtemps, et Byakuren inséra ses impressions propres à l’intérieur. Suite à cela, les deux religieuses permirent à de nombreuses personnes de déposer des offrandes sur la table. La première vague fut celle des humains du village, déposant de menus offrandes à une personne qu'ils pouvaient considérer, autant comme un protecteur qu'un danger, mais surtout comme une source d'inspiration philosophique sur la vie, la repentance et la barrière fragile entre le bien et le mal. La deuxième vague de personnes se composa des sélénites. Eirin, Kaguya, les sœurs Watatsuki, leur animal de compagnie, Tewi et Reisen se présentèrent devant le portrait du jeune humain. Les princesses offrirent des biens précieux, originaires de la Lune, que Reimu observa avec insistance. Cependant, une certaine émotion naquit quand ce fut la lapine sélénite, Reisen, qui y apporta son offrande à Tom. Il s'agissait de l'arme de Kaguya lui avait offert pour ses services rendus lors du coup d’État sur la Lune et de son enlèvement. Cette arme fut ramenée à Eientei par Aya qui fut rappelée de force vers Gensokyo, emportant l'arme du jeune homme avec elle. De nombreuses vagues se succédèrent, rassemblant à chaque fois les individus originaires des mêmes lieux. Au groupe du Manoir du Démon Ecarlate, succéda celui des fantômes, puis ceux de la Montagne des Youkais avant que les sœurs Komeiji et leur entourage ne se recueillent à leur tour.
    Cela donna un spectacle impressionnant. Tous les habitants de Gensokyo, et d'au-delà, se retrouvèrent, pacifiquement, afin de communier ensemble. Elles purent voir que le vœu de Tom, une paix entre les individus, qu'ils soient humains, youkais ou autres, fut en partie réaliser par sa disparition.
    L'avant-dernier groupe à passer fut celui de Marisa, accompagner par ses amies, Reimu et Marisa ainsi que par Rinnosuke, venu lui apporter son soutien. Dans la foule, le père de l'humaine vêtue de blanc pour l'occasion, la supportait dans l'ombre, aidé par son ami. Ceux-ci restèrent longtemps devant la table, sur lequel était posé un long coffret en bois ouvert, symbole du cercueil de Tom qui ne faisait plus qu'un avec la barrière. Les larmes ne cessèrent de couler des yeux de la magicienne si ordinaire alors que Reimu, portant le sabre mythique entre les mains, le mit dans le coffre avant de commencer à y déposer l'ensemble des offrandes. Une fois cela fait, tous exécutèrent une dernière prière avant que les membres du groupe ne rejoignirent la foule.
    Reimu tourna alors le dos au coffre. Là, une brèche s'ouvrit et le dernier groupe en sortit. Il s'agissait des Sages de Gensokyo, Yukari, Kasen et Okina. Loin dans le ciel, l'ombre du Dieu-dragon se dessina et sembla également rendre hommage à Tom. Les trois anciennes femmes rendirent également à l'humain qui venait de sauver leur monde. Yukari s'avança alors, posa les mains sur le coffret et le ferma avant de poser conjointement avec Reimu, un sceau le fermant.

    Suite à cela, Gensokyo fêta l'événement, de manière propre et élégante, malgré la forte consommation d'alcool. Marisa préféra s'isoler avec ses proches. De gigantesque feux crématoires se produisirent partout, comme pour symboliser la crémation du corps disparu de Tom.
    C'était dans cette ambiance de fêtes mortuaires que Yukari s'assit sur le toit du sanctuaire Hakurei, vidé de sa population, de même sa prêtresse. Elle semblait alors veiller sur le coffret funéraire de Tom. Arrivant presque par surprise, Okina la rejoignit. La divinité s'assit alors juste à côté de la youkai qui n'avait pas un seul instant détourné le regard.

    – Tu devrais fêter ce jour, ma chère. Après tout, la Grande Barrière a besoin de beaucoup moins d'attention de ta part. Tu vas pouvoir de reposer un peu plus.
    – Gensokyo est sauvé. J'en suis soulagée.
    – Alors, pourquoi ne pas davantage fêter cela ? Après tout, tu es encore une youkai à ce que j'en sache, tu devrais aimer t'amuser.
    – Je ne m'amuse que quand je le souhaite. Je n'ai guère envie de fêter ce jour.
    – Je ne crois pas que la disparition de Tom t'impacte vraiment. Alors pourquoi restes-tu dans cette posture aussi peu festive ?
    – Tom n'était qu'un outil afin de restaurer la barrière. Néanmoins...
    – Cela faisait longtemps, dit une voix derrières elles.
    – Je ne m'attendais à ... votre venue... Seigneur... répondit Okina en se relevant et en s’inclinant de manière extrêmement respectueusement à un vieil homme qui les avait rejointes sur le toit.
    – Je vois que mademoiselle Yakumo n'a pas ton respect envers moi. Cependant, je peux sentir que tu n'as pas les idées claires, ma petite. Pour toi, c'est vraiment exceptionnel et cela te trouble vraiment.
    – Noble seigneur, je n'ai guère le cœur à fêter ce grand jour.
    – Il est vrai qu'on honore dorénavant une personne assez particulière.
    – A moitié bon, à moitié mauvais. A moitié humain, à moitié youkai. A moitié mortel, à moitié... divin...
    – Il est vrai que pour une youkai des frontières, il brouille considérablement les cartes. Et pourtant, toi-même tu sais que tous cela n'est que relatif.
    – J'essaie de maintenir cet équilibre fragile. Et lui, il a menacé de tout détruire. En quelques mois, il a failli réduire à néant des siècles d'opérations complexes.
    – Mais il n'est plus, répondit Okina.
    – C'est vrai... il a encore une fois brouillé le jeu. Entre le matériel et l'immatériel...
    – C'est rare de te voir dans cet état. J'espère que tu t'en remettras vite, ma petite, lui rétorqua le vieil homme.
    – Pour une fois dans ma vie, j'arrive à douter.
    – N'exagère pas, ma petite. Tu doutais il y a bien longtemps.
    – Il y a si longtemps...
    – Si peu de temps pour nous en fin de compte.
    – Il est difficile d'apprécier le temps qui passe quand on côtoie autant les humains. Dans le même temps, un siècle peut durer une éternité, comme le temps d'un battement de cils.
    – C'est la force des humains.
    – Comment ça ?
    – En un siècle, nous on met en place notre plan. Eux, ils conçoivent des empires.
    – Qui s'effondrent presque aussitôt.
    – Ou qui peuvent durer, changeant de forme, voire de nom.
    – C'est bien passionnant tout ça mais on ne va quand même pas oublier de fêter cela, rétorqua Okina qui se sentait mise de côté.
    – Tu sais, avec mon âge et mon rang, je ne peux pas si facilement prendre part à des fêtes humaines. Quoique. Faire la fête, prendre l'apparence d'un beau et séduisant jeune homme et séduire toute la nuit, c'est pas un programme si mal en soi. Okina, tu peux nous devancer, on arrive.

    Elle s'inclina respectueusement puis disparut derrière une porte, laissant le vieil homme et Yukari seuls sur le toit du sanctuaire.

    – Vous n'y allez pas mon seigneur ?
    – Tu sais, prendre soin des autres est bien plus importants au final. Tout le long de ma vie, j'ai été loin d'être un modèle.
    – Vous ne pouvez pas dire ça...
    – Tu connais pourtant mes légendes.
    – Oui.
    – On s'assagit avec le temps, même s'il faut des milliers d'années pour cela.
    – Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été aussi belle la barrière, annonça Yukari en regardant par-delà le ciel.
    – Depuis sa création, effectivement.
    – J'étais vraiment fier de ce que j'avais réussi à faire.
    – Crois-moi, vous tous vous pouvez l'être.
    – D'ailleurs... que se passe-t-il pour...
    – Pour notre héros ? Il ne lui arrive rien là où il est.
    – Il a évité l'Enfer ? Je savais bien que son âme allait se vaporiser et se fondre avec la barrière.
    – Il est désormais près de nous, pour toujours. Et même, plus proche que jamais.
    – Je ne sais pas pourquoi, j'ai du mal à penser à lui.
    – Tu as trop longtemps été avec les humains, tes émotions s'humanisent.
    – C'est un point de vue intéressant mais je le réfute. Nous savions tous qu'il n'était qu'un simple outil servant à vous donner un corps et une énergie supplémentaire afin de restaurer la barrière.
    – Il l'était mais pour beaucoup d'autres, il n'était pas ça.
    – Le point de vue de Reimu ou de Marisa ne nous intéressent pas.
    – Il ne s'agit pas que simplement d'humains. Les Sélénites par exemple. Voire même des dieux, ici comme sur la Lune. Beaucoup de gens appréciaient Tom.
    – Certaine trop, répondit Yukari sur un ton sombre.
    – Celle-là eset un danger pour eux comme pour nous. C'est d'ailleurs mieux qu’il ne rejoint pas le plus profond des Enfers et qu'elle le retrouve.

    Le silence s'imposa alors sur le lieu que seul les bruits des feux d'artifices firent gronder la terre et les cieux.

    – Ils sont pas mal, tu ne trouves ?
    – Pour des humains, oui.
    – Tu sais pourtant bien que les humains manient bien mieux la poudre que les youkais.
    – Oui...
    – Tu as une question, ma petite ?
    – Maintenant, je dois changer mes prédictions pour notre avenir mais je voudrais savoir quelles sont les vôtres?
    – Les miennes ? C'est une question délicate. Mais je pense que ce sont les habitants de cette terre qui disposent de cette réponse.
    – Où voulez-vous en venir ?
    – Tu sais bien que les habitants de cette terre peuvent surprendre.
    – Je ne trouve pas.
    – C'est parce que tu les connais si bien que tu sais de quelle manière, parfois mais sans qu'ils le sachent eux-mêmes, comment ils vont agir. Mais regarde Tom. Combien de fois il a échappé à tes prédictions.
    – Il ne s'est jamais échappé ! Il a juste fait l'action que je jugeais le moins probable.
    – Ce n'est pas forcément son caractère qui est en cause, mais celui de cette terre.
    – Seigneur ?
    – Gensokyo n'est pas régit par des lois purement mathématiques ou psychologique, tu le sais plus que quiconque. Il existe une certaine dose de mystère que même les dieux, que même moi, on ne peut calculer. C'est la destinée de la Terre des Illusions.

    A cet instant, le corps du vieil homme commença lentement à s'évaporer dans le ciel alors que des écailles se mirent à remplacer sa peau. Il fit ses adieux à Yukari avant de disparaître dans une pluie d'étoiles montant vers le ciel. Elle regarda les festivités se produisant aux quatre coins de ce monde puis esquissa un léger sourire.

    – Autant en profiter pour s'amuser un peu.
    Fin